Pensée monogame, terreur polyamoureuse. Brigitte Vasallo

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Photo Pol Galofre

 » Le nous groupal fonctionne de manière hiérarchique, excluante et confrontationnelle.  » B.V.

Extrait du futur livre de Brigitte Vasallo (titre provisoire « Pensée monogame, terreur polyamoureuse »), qu’elle a présenté à Aula Oberta, le 14 février dernier, au CCCB (Centre de Culture Contemporaine de Barcelone), dans le cadre du cycle “Saber, hacer, comprender”, organisé par l’Institut d’Humanitats de Barcelone. Publié dans un article de bcnsedesnuda

 » La monogamie n’est pas une pratique, c’est un système d’organisation des relations qui hiérarchise le noyau reproducteur et le protège par des dynamiques d’exclusion et de confrontation « . B. V.

Le regard que pose Brigitte à la fois sur notre société monogame hétéronormative occidentale et sur le monde de la non-monogamie, m’a toujours paru extrêmement lucide et critique.

Tant que la non-monogamie sera considérée comme la nouvelle manière, à la mode, cool, de vivre les relations et se développera ainsi, je ne prévois guère de changements dans notre manière de les vivre, si ce n’est la multiplication des mêmes. Si être polyamoureux.euse c’est juste avoir plusieurs relations, comme je l’ai souvent entendu dire en France et en Belgique, sans réflexion profonde sur la façon comment nous entrons en relation, les mêmes modèles seront reproduits et pire, seront démultipliés, avec toutes leurs formes d’oppression et de maltraitance. 

En ce qui me concerne, bien que je sois une femme blanche cis, hétéro et (sur)diplômée, je me sens à la marge de cette société. Je vis dans une relative précarité depuis toujours, au jour le jour, parfois ici, d’autres fois ailleurs, sans emplois, ni pays, ni domiciles permanents, sans biens, ni hypothèque, ni future retraite. Sans compagnon de route fixe, mais toujours accompagnée, sauf dans des périodes plus ou moins longues de solitude voulue et vitale. Entourée de toutes formes de (nombreuses) relations affectives, d’autres uniquement sexuelles et d’autres encore, sexo-affectives. Certaines sur le long court et d’autres sur le court terme. Je redéfinis de jour en jour les mots amour et amitié. Dans ce contexte, être non-monogame fait partie de ma manière de vivre, d’une philosophie de vie, hors normes sociales. C’est en cela que je me retrouve complètement dans ce texte. Brigitte m’a dit écrire en pensant à moi. Je veux bien la croire, car elle écrit en pensant aux êtres qui, comme elle, comme moi, n’arrivons pas à entrer dans le moule et avons tellement de mal à nous sentir à l’aise dans cette société où, faute d’y trouver une place, nous vivons en marge. [NDT]

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 » C’est facile de donner une réponse bucolique aux critiques sur un horizon paisible où le désir circule par des canaux déjà connus ou en disant que tous les corps sont désirables. Mais, par la suite, après, avant et sur ces mots, la vérité s’envole et sur ce plan, concret, les personnes qui ont le plus de succès socialement parlant s’unissent aux personnes qui ont également le plus de succès, beauté sur beauté, glamour sur glamour. L’attraction, le capital érotique, est contextuel. Nous pouvons changer les formes, les mèches blondes, les talons par des clous, finalement c’est toujours le même modèle qui s’impose partout.

Quand le polyamour ou les autres types de relations à visée non-monogame oublient de questionner la base même des désirs et la base même de la monogamie, avec leurs points et bonus par conquête sur le schéma pyramidal d’accès aux corps que le marché impose comme désirables pour la majorité, mais accessibles à une minorité, jusqu’à ce que ces dynamiques ne soient pas complètement dynamitées, effectivement, le polyamour sera une révolution de pacotille portée par quelques-unes au détriment de celles abandonnées depuis toujours. 

C’est ainsi que lorsque le polyamoureux ou la polyamoureuse qui ont réussi viennent vous expliquer, satisfait.e.s, qu’ils.elles sont en train d’avoir plusieurs relations simultanées et que leur récit est plein d’images sur eux.elles-mêmes et la revendication de leurs droits, et des leçons de morale sur comment bien  vivre ceci ou cela, quand il n’y a aucune trace de frustration, ni de doute, ni d’angoisse, ni de petits morceaux de tripe blessée pendant tout leur diatribe, prends une tequila ou un thé à la menthe, enfonce-toi patiemment dans ton fauteuil et, calmement, avec un sarcasme non dissimulé, réponds :  » Ah, comme c’est intéressant mais, dis-moi, avec combien ? Raconte-moi, avec combien ? « 

C’est ainsi que, rompre avec la monogamie, n’est pas fait pour les blanches, les minces, les saines d’esprit, les mignonnes et bien foutues mais, justement, pour toutes celles pour qui la monogamie est encore plus un mensonge que pour les autres. La casser pour de bon, ne pas la substituer par des monogamies simultanées camouflées sous d’autres noms. Rompre avec tous les mécanismes, lui cracher à la figure, devenir intransmissibles, non-reproductrices, devenir intolérables.

Rompre avec la monogamie n’est pas pour celles qui s’en vont avec la première personne disponible, ni pour les personnes normales, ni pour les personnes cools des salons, ni pour les cools des afters, ni pour les cools des squats. C’est la rupture des fracassées, des loosers, de celles qui évitent les franges de n’importe quelle frange, pour celles qui ne trouvons jamais de partenaire pour construire un nid douillet parce qu’il n’existe pas un nid où être contenue ni qui puisse nous contenir, c’est pour la gamine abandonnée à trois mois de grossesse, pour les lesbiennes du village, pour celles qui ont dépassé la quarantaine, pour les séropositives, pour la tapette de l’école, pour l’homme trans qui n’aime pas faire le coq ou se faire une mastectomie, pour la barbue sans passing, pour les rejetées par les leurs, par leur clan, pour celles qui ne s’adaptent pas à leur race, ni à leur origine, ni à leur environnement, ni à leur patrie, pour celles qui n’avons pas de foyer où rentrer, ni de mère vers qui retourner, ni une famille avec qui passer les fêtes et ensuite le publier sur les réseaux sociaux, pour toutes celles qui ne savent pas quoi faire de leur corps ni de leurs vies, parce que nous savons ce que cela veut dire être seules et ce que veut vraiment dire avoir été abandonnées, pour les immunes aux capitaux érotiques parce qu’elles n’y ont jamais fait d’investissements.

C’est uniquement à partir de là, de la blessure, que nous pouvons construire autre chose. Les outils du maître ne démonteront pas la maison du maître. Nous, nous avons d’autres outils, parce que nous sommes faites d’une autre matière, à force d’en prendre plein la gueule, mais d’une autre matière. Nous n’avons qu’à rompre d’une bonne fois pour toutes avec la fantaisie, faire un dernier pas, défaire une dernière amarre, fuir les influences des centres du désir, sortir de la marge pour éviter un au-delà, trouver nos semblables, les regarder bien en face, les appeler et nous mettre, une bonne fois pour toutes, à construire autre chose. » 

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Après avoir rompu avec la monogamie. Natàlia Wuwei

16650767_10154773942231265_1037840566_ocreada per/por – Créé par Babs Pangolynx

J’ai connu Natàlia, qui a écrit cet article, il y a un peu plus d’un an, lors des premières Journées d’Amors Plurals, à Barcelone.  J’ai été impressionnée par sa pensée. J’attendais avec hâte que cet article, suite à sa présentation lors des 2es Journées d’Amors Plurals, soit publié.

Il s’agit ici d’une réflexion extrêmement intéressante et importante sur comment les relations non-monogames sont traversées par des éléments propres aux relations monogames. [NDT]

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« Cet article est un résumé (très résumé) d’une présentation que j’ai fait pendant les II Journées d’Amors Plurals et qui a été publiée dans le N°422 du journal La Directa. Vous pouvez trouver l’article original en catalan ICI.

(**) J’ai rajouté à la fin une clarification suite à certains commentaires qui ont été faits au moment de la publication de l’article.

La version non résumée (in extenso) de cette présentation, divisée en plusieurs parties, sera publiée plus tard sur mon blog.

Nous vivons nos relations d’une manière qui fait partie d’un système ou d’une structure de pouvoir clairement liés au schéma monogame.  La monogamie n’est pas seulement un nombre de relations, c’est également un système, avec une forme de pensée qui s’est construite dans une logique sociale. Et cela va plus loin que la normativité autour des relations de couple, car elle nous indique aussi comment nous devons entrer en relation, de manière générale, avec les autres : il s’agit d’un système relationnel.

La monogamie nous isole en unités familiales qui ne permettent pas de générer des réseaux solidaires, affectifs et sensibles aux structures qui nous traversent. La non-monogamie a un grand potentiel, non seulement pour rompre avec le système relationnel lui-même, mais également avec d’autres structures de pouvoir qui s’alimentent de la structure monogame. Elle permet de construire des relations qui rompent avec les systèmes d’oppressions et de privilèges. Cependant, il est nécessaire d’avoir un point de vue critique envers les différentes propositions envisagées, autrement il n’y aura qu’une simple reproduction d’une même pensée démultipliée.

Individualisme, domination et objectivation

Notre manière occidentale d’appréhender le monde se base en l’idée que nous sommes des individus extérieurs au monde qui nous entoure (comme si nous ne faisions pas partie de notre environnement) et nous accédons à notre entourage par la domination. Cette vision encourage la création de structures de pouvoir, qui permettent à qui domine d’obtenir ce dont il a besoin, sans même avoir à comprendre qu’il.elle les obtient autour de lui : ses besoins sont couverts de forme systématique grâce aux structures existantes. C’est ainsi que s’installent des privilèges pour ces personnes, appartenant à des groupes dominants, qui leur donnent un faux sentiment d’indépendance.

Dans nos environnements non-monogames, nous essayons fréquemment de rompre avec l’idée de la totale dépendance à une seule personne (ce qui vient de la monogamie et provoque des relations de pouvoir). Nous exprimons le fait que nous sommes indépendants et que nous n’avons besoin de personne d’autre que nous-mêmes. De cette manière, la dépendance est stigmatisée, elle est invisibilisée dans l’environnement de personnes avec des privilèges et il se crée un discours sur la non-monogamie à laquelle seulement peuvent accéder des personnes avec encore plus de privilèges.

Nous traitons notre environnement comme un objet, parce que nous le voyons comme une chose externe à nous même, à laquelle nous accédons pour couvrir nos propres besoins. Les personnes avec qui nous sommes en relation forment également partie de cet environnement-objet. Nous les approchons donc en fonction de nos propres besoin et envies, sans tenir compte des leurs. Il s’agit alors d’un processus « d’objectivisation ». En quelques mots, « objectiviser » c’est traiter les personnes comme si elles n’avaient pas de volonté ou d’envies propres, ou bien sans leur laisser un espace pour qu’elles puissent consentir ou s’opposer à quelque chose, ni à exprimer leur émotions ou opinions par rapport à des éléments qui les affectent. Cette situation est très fréquente dans les relations non-monogames hiérarchiques où, souvent, des personnes sont affectées par des décisions qui sont prises dans les relations primaires, sur lesquelles elles ne peuvent pas donner leur avis, ou exprimer leurs propres sentiments ou proposer des alternatives. Parfois, elles ne sont même pas informées du tout des décisions qui ont été prises. En définitive, « objectiviser » c’est ne pas prendre en compte l’autre, lui enlever la possibilité de s’exprimer.

Engagement et implication

La monogamie a une très forte charge d’engagement implicite et d’attentes qui sont en accord avec l’escalator des relations[1] . Il s’agit d’un engagement qui n’a pas été discuté, pacté ou revu par aucune des deux parties. De plus, souvent il implique le fait de ne pas pouvoir partager des engagements, des projets ou de l’affection avec d’autres personnes. C’est toujours à une seule personne d’avoir à couvrir les besoins de l’autre.

Beaucoup, face à cela, proposent comme alternative le fait de ne pas prendre d’engagements ni d’avoir attentes. Cela donne un avantage aux personnes qui ont plus d’un privilège, puisque leurs besoins sont pour la plupart couverts et elles n’ont pas besoin de l’engagement pour obtenir quoi que ce soit. D’autre part, les personnes avec moins de privilèges seraient, dans la majorité des situations, amenées à vivre des situations de vulnérabilité. Car elles ont besoin d’engagement pour pouvoir accéder à ce à quoi elles n’ont pas le droit sans privilèges.

Ne pas vouloir s’impliquer est une forme de ne pas vouloir accepter le fait de combien nous sommes affectés par notre environnement et comment nous l’affectons, sans même nous en rendre compte. Il est nécessaire de réellement s’impliquer pour construire des relations non « objectivistes », où les personnes peuvent avoir la possibilité de donner leur avis sur ce qui les affecte. Les relations doivent se construire par des engagements et des implications explicites, qui ne sont pas dictés par des normes sociales structurelles. Et n’empêchent pas la création d’autres engagements.

Responsabilité partagée

La monogamie fait croire qu’une personne est totalement responsable de notre bonheur ou de notre malheur. Pour rompre avec cette idée qui engendre des relations de pouvoir, il est habituel de dire que chaque personne est responsable de ses émotions, y compris celles qui sont produites par une relation et ceux.celles qui la vivent. Il s’agit d’une vision individualiste, guère différente de l’antérieure, où les responsabilités sont soit complètement séparées soit elles retombent sur les épaules d’une seule personne. Dans ce paradigme la relation est complètement effacée.

La responsabilité dans une relation devrait être une responsabilité partagée : ce devrait être le fait des personnes qui sont à l’origine de l’espace et de la relation, non pas de façon séparée (chacun de son côté), non pas de manière verticale (tout est la responsabilité d’une seule personne), mais comme une combinaison, en prenant en compte les contextes de chacun.e et ce qu’il y a en commun. Prendre en compte le contexte de chacun.e veut dire que lorsque nous avons une relation avec une personne sur laquelle nous avons un privilège, que nous le voulions ou pas, nous en bénéficions et par conséquent nous avons une responsabilité sur la violence structurelle que peut engendrer cette relation. La responsabilité partagée peut, en plus, nous permettre de reconnaître explicitement tout ce que nous apporte la relation et que l’autre partage avec nous.

Prendre soin et le sens de cette expression :

Être conscients que nous couvrons nos besoins par notre environnement et, par conséquent, à travers nos relations, nous permet de traiter le thème du « prendre soin » à partir d’un point de vue critique. Les tâches du « prendre soin » ou « care »[2] ont toujours été la responsabilité des femmes. Néanmoins les tâches du « prendre soin », dont nous parlons dans le contexte du féminisme, se limitent à celles des différences de genre. Il y a bien plus de besoins que ceux qui concernent les travaux domestiques (le ménage, la cuisine, prendre soin lorsque l’autre est malade). Nous devons être conscient.e.s des différences qui vont au-delà des genres, car il y a bien d’autres structures ou types de relations (toutes les relations ne sont pas du type hétéro, binaire, romantique et sexuelles).

Prendre soin implique comprendre ce dont l’autre a besoin, non pas dans le sens de se sentir obligé.e de couvrir tous ses besoins, mais y être sensible et les prendre en compte. Nous n’avons pas non plus à obliger l’autre à comprendre quels sont nos besoins, mais bien à lui laisser la place pour pouvoir s’exprimer quand il le souhaite et ainsi se rendre compte de ce dont nous avons besoin. Surtout, il n’est pas possible d’obliger l’autre à avoir des besoins qu’il n’a pas. Par le fait même que, dans nos milieux non-monogames, nous insistions sur « le prendre soin », parfois nous pouvons tomber dans l’excès et faire certaines tâches dont l’autre n’a pas besoin pour se sentir que nous prenons soin de lui.d’elle. Souvent, nous nous appuyons sur ces tâches innécessaires comme excuse pour ne pas écouter les besoins réels de l’autre ou ne pas reconnaître un besoin lorsqu’il est exprimé. Nous vivons dans ce que j’appelle « la culture du « tupper »[3] : il s’agit de préparer des « tuppers » pour nos compagnon.e.s sans nous demander ce que nous entendons par « prendre soin » et   pendant ce temps l’autre ne peut s’exprimer lorsqu’il.elle se sent concerné. C’est un acte « d’ojectivisation ».

(**) J’ajoute cette note, suite à certains commentaires, au sujet de cet article, qui signalent que ce que j’ai écrit s’applique également aux relations monogames.

Je ne crois pas que le thème du « prendre soin » puisse vraiment s’appliquer aux relations monogames ou aux non-monogames hiérarchiques[4], car la monogamie implique des hiérarchies, et dans aucune hiérarchie le « prendre soin » peuvent vraiment se produire, ce sont des succédanés du « prendre soin », mais pas des soins. Je suis en train de parler de toutes ces personnes qui ne forment pas partie de la relation principale. Mon discours souhaite mettre en lumière le fait que nous sommes en train de vraiment mal traiter les autres et de forme très « objectiviste », aussi bien au niveau des responsabilités, des engagements que du « prendre soin ». C’est en cela que, ni la monogamie, ni la non-monogamie hiérarchique pourront nous sauver des systèmes d’oppression. Elles ne feront que les reproduire, et qui plus est, avec leurs propres paramètres.

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[1] Il s’agit de l’ensemble des attentes de la société pour la bonne conduite des relations intimes. Ce sont les étapes progressives avec des marqueurs clairement visibles et avec un objectif structurel basé sur une structure monogame permanente (sexuellement et romantique exclusive), avec cohabitation et mariage si possible. La norme sociale dans laquelle la plupart des gens évoluent si une relation est considérée comme importante,, bonne, saine, et vaut la peine d’être envisagée comme durable. Traduction du texte en anglais de https://solopoly.net/2012/11/29/riding-the-relationship-escalator-or-not/  [NTDA]

[2] Carol Gilligan, In a different voice, Harvard University Press 1982, trad française Une voix différente, chez Flammarion 2008. oan Tronto, Un monde vulnérable. Pour une politique du care, Paris, La Découverte, 2009Fabienne Brugère, L’éthique du « care », collection « Que sais-je ? » PUF, 2011. [NDT]

[3] Tupper(ware)

[4] J’aimerais ajouter, qu’à mon entendement, cela ne s’applique pas non plus aux relations solo non-monogames (une personne qui vit seule – entendre pas en couple ou trouple -) et a des relations non-monogames, quand le fait d’être seule peut être un privilège et s’accompagner d’un réel manque de « prendre soin » des autres relations. C’est-à-dire qu’elle le vit d’une manière hiérarchique, se situant au sommet de cette hiérarchie. Par exemple, considérer que les autres relations ne concernent que la personne qui les vit et donc ne pas communiquer des décisions, des évènements ou des situations (prises/vécues en solo ou avec une/des relations) qui peuvent affecter les autres. Voire garder complètement en silence ce qui se passe dans les autres relations, considérant qu’elles ne concernent que la personne qui les vit et pas les autres personnes pourtant impliquées indirectement. [Note personnelle – NDT- Elisende Coladan]

La jalousie dans les relations alternatives à la monogamie. Elisende Coladan

Traducció al català sota l’article en francès

Adrià Gual – La Rosada – 1897 – MNAC – Barcelona20150312_131725-2

La jalousie est un thème récurrent lorsqu’il s’agit de relations sexo-affectives[1]. En ce qui concerne les relations monogames, elle est considérée comme faisant partie des relations amoureuses, notamment romantiques. Elle est même souvent vue comme un corollaire. Il y a cette idée que « si on n’est pas jaloux, on n’aime pas vraiment ». Tout cela s’accompagne de son lot de souffrance, de malaises, de non-dits et de secrets, avec des infidélités[2] et l’adultère[3]. C’est un aspect de la pensée monogame dans laquelle l’autre vient nous compléter, combler des vides, répondre à des attentes, satisfaire des besoins (affectifs, sexuels, économiques ou autres) et où il n’y aurait besoin de personne d’autre que cet alter ego, cette moitié, cette « âme sœur », « cette flamme jumelle », qui nous comprendrait sans besoin de parler, qui irait jusqu’à devancer nos désirs.

Même si nous vivons des relations non-monogames, n’oublions pas que tout notre environnement se base sur ce type d’idées qui se retrouvent un peu partout dans les publicités, les films, les séries, les romans, les articles sur les relations amoureuses et/ou sexuelles et dans nos institutions y compris[4]. Dans ce sens, il n’est pas étonnant que même si en théorie, l’idée de jalousie pourrait paraître incongrue du moment où nous souhaitons vivre des relations plurielles égalitaires, dans le dialogue, l’échange et dans la bienveillance, nous nous retrouvons face à des sentiments contrastés, qui s’apparentent fort à ceux de la jalousie.

Chaque situation peut avoir des expressions multiples, que j’illustre avec quelques exemples (en italique), qui peuvent aller de :

  • La culpabilité : qu’est-ce que j’ai fait pour que l’autre personne veuille être (ou passer plus de temps), avec quelqu’un d’autre que moi ?
  • La douleur : le.la savoir avec une autre personne me fait du mal et par conséquent je souffre.
  • L’insécurité : savoir l’autre avec quelqu’un.e fait que je ne me sente pas en sécurité dans la relation. J’ai peur qu’il.elle me quitte.
  • La peur d’abandon : cette sensation que l’autre peut partir ailleurs et me laisser seul.e.
  • Les demandes excessives : je voudrais que l’on passe encore plus de temps ensemble, alors que je sais que c’est compliqué/difficile pour l’autre.
  • Le doute, la suspicion : je n’arrive pas à faire confiance, je souhaite tout savoir en détail.
  • La négation : je ne veux rien savoir, parce qu’ainsi je ne souffre pas, alors que si je m’informe, je souffre encore plus. Ce qui peut être une forme de fuite : ne rien savoir plutôt que d’affronter une réalité qui « dérange » et travailler sur ce qui se passe pour la vivre le mieux possible.
  • L’insécurité : je ne suis pas suffisamment intelligent.e, joli.e, intéressant.e, pour que cette personne ne veuille être qu’avec moi et du coup aille voir ailleurs.
  • La honte : je suis dans des relations non-monogames et pourtant j’éprouve de la jalousie, alors je m’empêche de l’exprimer.
  • La déstabilisation : je sens que l’autre change quand il a une nouvelle relation et cela me demande à chaque fois un temps d’adaptation plus ou moins long, plus ou moins difficile à gérer au niveau des émotions.

à bien d’autres…

Mais, justement, s’agit-il réellement de la jalousie ? Et, au fait, qu’appelle-t-on jalousie ? Sous ce mot, il y a différents éléments que l’on regroupe sous « le parapluie » de la jalousie et qui n’en sont pas forcément. Je vais en donner quelques exemples. Seule la première définition correspond à la jalousie.

Jalousie mot valise :

La jalousie : un désir exclusif de possession de l’autre ainsi que de son affection et de son temps. Dans ce sens, toute personne (ou une action, ou une chose : un sport, travail, etc) qui prend de la place dans une relation, ou qui est suspectée de le faire, provoque un mal-être.

Autres aspects considérés comme jalousie:

  1. L’envie : un désir de possession matérielle ou physique. C’est-à-dire, vouloir posséder ce que l’autre personne a et partage. Par exemple, une personne ne va jamais dans certains lieux, ou ne partage pas certaines activités avec nous, mais avec d’autres/un.e autre.s.
  2. Le mensonge, la trahison, la dissimulation : avoir une nécessité de savoir ce qui passe, ce qui arrive, d’une clarté, de dialoguer car il y a l’intuition que quelque chose n’est pas dit. Le cas le plus fréquent étant donc les relations cachées, secrètes, ou non explicitées (il.elle dit que c’est un.e ami.e mais la relation est aussi sexuelle ou bien, il.elle dit qu’ils.elles sont allé.e.s au cinéma et en fait ils.elles étaient chez lui.elle, …)
  3. Vouloir protéger, « sauver », prendre soin de l’autre personne et essayer de lui éviter les relations que nous jugeons potentiellement ou réellement nuisibles pour elle, son environnement (ses enfants), pour elle ou pour nous-mêmes.
  4. Des attentes non abouties: par exemple, vouloir voir très souvent quelqu’un.e qui ne le peut pas ou ne le souhaite pas, que ce soit pour des raisons de travail, de besoin d’espace pour elle/lui ou de solitude, d’avoir d’autres relations sexo-affectives, de passer du temps avec d’autres personnes quelles qu’elles soient.

Et puis, il peut y avoir toute sorte de situations qui peuvent être interprétées comme de la jalousie et qui n’en sont pas forcément. Par exemple, avoir besoin dans certains espaces nouveaux d’être rassuré.e par la présence de notre partenaire et vivre mal de se retrouver seul.e à ce moment-là, alors que lui.elle communique facilement avec de nouvelles personnes[5]. 

Dans toutes ces situations il y a une notion transversale qui est celle du « droit de regard » (cf article de Père Picornell https://nonmonogamie.wordpress.com/2016/09/08/le-droit-de-regard-la-potestat-pere-picornell-amors-plurals/). Pourquoi, par le seul fait, d’être en relation sexuelle et/ou affective, nous nous octroyons le droit de savoir ce que l’autre fait, avec qui il.elle est, où il.elle est ou va, … Alors que cela fait partie de la liberté individuelle de chaque personne de pouvoir disposer de son temps, de rencontrer qui elle souhaite et de circuler librement. Pourquoi, par le seul fait d’être en relation avec quelqu’un.e nous devrions connaître tous ses faits et gestes, donner notre avis sur ce qu’il.elle fait ou pas, établir des contrats avec des limites et/ou des restrictions ?

Comment arriver à résoudre ces conflits :

Déjà, il me semble important d’arriver à déterminer où nous nous situons, dans les différentes formes d’expressions présentées ci-dessus, de ce qui est communément compris comme jalousie. Tout comme en reconnaître les expressions. Les identifier est déjà un premier pas pour pouvoir les gérer et vivre les relations plurielles sans (trop) en souffrir.[6]

Ce n’est qu’ensuite qu’il est possible de travailler sur ce qui les provoque. Dans ma pratique, lors des consultations, je travaille souvent avec une perspective intergénérationnelle (générations vivantes) et transgénérationnelle. Je peux l’expliquer de la façon suivante : lors d’une problématique présentée, des éléments comme des secrets, des non-dits et des répétitions apparaissent. Par exemple, une arrière-grand-mère née d’un adultère et cela a toujours été caché, parfois accompagné d’un sentiment d’injustice (mère devant l’élever seule et se retrouvant rejetée par la société, mère devant épouser quelqu’un qu’elle ne voulait pas, pour qu’il reconnaisse l’enfant, mère qui avorte pour que cela ne se sache pas …). Autre possibilité : un.e ancêtre qui a souffert des nombreuses « relations cachées » de son/sa conjoint.e. L’une ou l’autre de ces situations peuvent se retrouver chez une personne vivant très mal la – ou les autres – relation.s de son.sa partenaire, alors qu’en théorie, elle vit et souhaite même, bien vivre, des relations non-monogames. Elle en souffrira, pourra être sujette à une profonde tristesse, une grande insécurité, un sentiment d’abandon, des peurs irraisonnées, voire des problèmes alimentaires, d’alcoolisme ou autres addictions destructrices, qui ne sont qu’autant de manière d’exprimer les ressentis enfouis. Comprendre cela peut permettre de travailler ses propres ressentis lorsqu’une nouvelle relation arrive dans une configuration non-monogame et de les dépasser.

D’autres fois, il n’est pas nécessaire d’aller aussi loin. Reconnaître puis s’interroger sur l’origine de nos expressions de la jalousie, peut permettre d’accéder à ce qui a pu se passer lors de l’enfance, ou dans des relations antérieures, et ainsi mieux comprendre nos ressentis.

En tout état de cause, ne pas voir la jalousie comme un tout, mais en comprendre les différentes manifestations et expressions, peut déjà apporter un début de compréhension et des pistes pour la travailler. Le dialogue et l’échange entre partenaires, ainsi que l’accueil de ses propres émotions et celles des autres personnes dans la relation, sont également d’excellents approches pour arriver à la gérer. Tout comme déconstruire les schémas présents dans notre société, notamment à travers les médias et les productions culturelles, telles que les romans, les films, les pièces de théâtre et autres, qui veulent qu’amour et jalousie aillent de pair.

Pour finir, ne pas oublier que la jalousie peut être utilisée comme un véritable instrument de contrôle sur l’autre (surveiller ses faits et gestes, son emploi du temps, son téléphone, son ordinateur …) et dans ce cas, il s’agit d’une forme réelle de violence psychologique.

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[1] J’utilise le terme « relation sexo-affectives » de préférence aux adjectifs « sexuelles » ou « amoureuses » ou « amicales ». Je considère que les relations peuvent être tout cela à la fois, ou juste une des composantes selon les personnes ou les moments.

[2] Manque de fidélité, de respect à un engagement. Larousse http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/

[3] Violation du devoir de fidélité entre époux. Larousse http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/

[4] L’article 212 du Code civil rappelé par l’officier d’état civil lors de la célébration de chaque cérémonie de mariage prévoit expressément que « les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance ».

[5] Ce qui est mon cas, probablement parce que je suis neuroatypique.

[6] Il me semble évident qu’une bonne communication avec nos partenaires est indispensable et doit être la base de toute relation.


La gelosia en les relacions alternatives a la monogàmia.
Traducció de Jordi Oliva Papiol

La gelosia est un tema recurrent quan es tracta de relacions sexo-afectives[1]. Pel que fa a les relacions monògames, es considera que forma part de les relacions amoroses, sobretot romàntiques. Sovint inclús es veu com un corol·lari. Hi ha la idea que « si on ets gelós, no estimes de veritat ». Tot això s’acompanya de força patiment, de malifetes, de silencis i de secrets, amb infidelitats[2] i adulteris[3]. És un aspecte del pensament monògama en el que l’altre ve a completar-nos, omplir buits, correspondre a esperes, satisfer necessitats (afectives, sexuals, econòmiques o d’altres) i on no necessitarem ningú més fora d’aquest alter ego, aquesta mitat, aquesta « germana bessona », « aquesta flama compartida », que ens entendrà sense necessitat de parlar, que anirà inclús per davant dels nostres desitjos.
També si vivim relacions no-monògames, no oblidem que tot el nostre entorn es basa sobre aquest tipus de idees que es retroben una mica per tot arreu a la publicitat, als films, a les sèries, a les novel·les, als articles sobre les relacions amoroses i/o sexuals i dins les nostres institucions[4]. En aquest sentit, no es pas sorprenent que inclús si en teoria, la idea de gelosia podria semblar incongruent des del moment que desitgem viure relacions plurals igualitàries, amb diàleg, intercanvi i amb bona entesa, ens retrobem amb sentiments contradictoris, que se semblen força a la gelosia.
Cada situació pot tenir expressions múltiples, que mostro amb alguns exemples (en cursiva), que poden anar de :
• La culpabilitat : què és el que faig que fa que l’altra persona vulgui estar (o passar més temps) amb un altre que amb mi?
• El dolor : saber-la amb una altra persona em fa mal i per tant pateixo.
• La inseguretat : saber l’altre amb una altra persona em fa no sentir-me segur de la nostra relació. Tinc por que em deixi.
• La por a l’abandó : aquella sensació que l’altre pot marxar a un altre lloc i deixar-me sol/a.
• Les demandes excessives : voldria que passéssim més temps junts encara, malgrat que sé que es complicat/difícil per a l’altre.
• El dubte, la sospita : no acabo de tenir-li confiança, desitjo saber-ne els detalls.
• La negació : no vull saber-ne res, així no pateixo pas, perquè si m’informo, pateixo encara més. El que pot ser una forma de fugida: millor no saber res que afrontar una realitat que « molesta » i treballar sobre el que passa per viure el millor possible.
• La inseguretat : no sóc prou intel·ligent, alegre, interessant, perquè que aquesta persona no vulgui estar només amb mi i de cop vagi a veure d’altres.
• La vergonya : visc en relacions no-monògames, però sento gelosia, aleshores reprimeixo expressar-ho.
• La desestabilització : sento que l’altre canvia quan té una nova relació i això m’exigeix cada vegada un temps llarg, d’adaptació més o menys difícil per gestionar les emocions.
a moltes altres…
Però, de veritat, es tracta realment de la gelosia? I, de fet, què és la gelosia? Sota aquest mot, hi ha diferents elements que se’ls agrupa sota « el paraigües » de la gelosia i que no ho són pas necessàriament. En vull donar alguns exemples. Només la primera definició correspon a la gelosia.
Gelosia mot maleta :
La gelosia : un desig exclusiu de possessió de l’altre, tan del seu afecte com del seu temps. En aquest sentit, tota persona (o una acció, o una cosa: un esport, treball, etc) que s’immisceix en una relació, o que est sospitosa de fer-ho, provoca un malestar.
Altres aspectes considerats com a gelosia:
1. L’enveja: un desig de possessió material o física. És a dir, voler posseir el que l’altra persona té i compartir-ho. Per exemple, una persona no va mai a certs llocs, o no comparteix algunes activitats amb nosaltres, però sí amb d’altres.
2. La mentida, la traïció, la dissimulació : tenir una necessitat de saber el que passa, el que arriba, de claredat, de dialogar ja que hi ha la intuïció que alguna cosa no s’ha dit. El cas més freqüent es dóna en les relacions amagades, secretes, o no explicitades (ell/ella diu que és un/a amic/ga però la relació és també sexual o bé, ell/ella diu que ells/elles han anat al cine i de fet ells/elles estaven a casa d’ell/ella, …)
3. Voler protegir, « salvar », cuidar de l’altra persona i tractar de evitar-li les relacions que jutgem potencialment o realment perjudicials per a ella, el seu entorn (els seus fills), per a ella o per a nosaltres mateixos.
4. Desitjos desembocats: per exemple, voler veure molt sovint algú/na que no pot o no ho desitja, ja sigui per raons de treball, de necessitat d’espai per a ell/a o de solitud, de tenir d’altres relacions sexo-afectives, de passar temps amb d’altres persones siguin les que siguin.
I després, pot haver-hi tota mena de situacions que poden ser interpretades com de gelosia i que no ho són necessàriament. Per exemple, tenir necessitat en certs espais nous de ser tranquil·litzats per la presència de la nostra parella i sentir-se malament de trobar-se sol/a en aquell moment allà, quan ell/ella es comuniquen fàcilment amb persones noves[5].
En totes aquestes situacions hi ha un concepte transversal que és aquell del « dret de mirada » (cf article de Pere Picornell https://nonmonogamie.wordpress.com/…/le-droit-de-regard-la…/). Per què, pel sol fet d’estar en relació sexual i/o afectiva, ens atorguem el dret de saber el que l’altre fa, amb qui ell/ella està, on ell/ella és o va, …? Quan això forma part de la llibertat individual de cada persona, de poder disposar del seu temps, de retrobar-se amb qui desitja i de circular lliurement.
Per què, pel sol fet d’estar en relació amb algú/na hauríem de conèixer tots els seus fets i gestos, supervisar tot el que ell/ella faci o deixi de fer, establir contractes amb límits i/o restriccions?
Com arribar a resoldre aquests conflictes :
Hores d’ara, em sembla important arribar a determinar on ens situem, en les diferents formes d’expressió presentades fins aquí, del que s’entén comunament com a gelosia. També com reconèixer les expressions. Identificar-les és ja un primer pas per poder-les gestionar i viure les relacions plurals sense patir-les (massa).[6]
És aleshores que és possible de treballar sobre el que les provoca. En la meva experiència, a la meva consulta, treballo sovint amb una perspectiva intergeneracional (generacions vivents) i transgeneracional. Puc explicar-ho de la manera següent : en presentar una problemàtica, apareixen elements com secrets, silencis i repeticions. Par exemple, el fet d’una avantpassat-àvia nascuda d’un adulteri sempre ha estat amagat, a vegades acompanyat d’un sentiment d’injustícia (mare davant el seu creixement sola i essent rebutjada per la societat, mare havent de casar-se amb algú que ella no volia, perquè ell reconegués el fill, mare que avorta perquè això no se sàpiga …). Altra possibilitat : un/a avantpassat que a sofert nombroses « relacions amagades » de la seva parella. L’una o l’altra d’aquestes situacions poden trobar-se a casa d’una persona vivint molt malament la – o les altres – relació/ons de la seva parella, quan en teoria, ella viu i desitja el mateix, viure bé, amb relacions non-monògames. Ella ho patirà, podrà estar subjecta a una profunda tristesa, una gran inseguretat, un sentiment d’abandó, pors irracionals, tenir problemes alimentaris, d’alcoholisme o altres addicions destructives, qui no són altra forma d’expressar els ressentiments soterrats. Comprendre això pot permetre treballar els seus propis ressentiments quan una nova relació arriba dins d’una configuració non-monògama i sortir-se’n.
D’altra banda, no és necessari anar tan lluny. El reconeixement, després d’interrogar-se sobre l’origen, de les nostres expressions de gelosia pot permetre accedir a allò que ha pogut passar a la infància, o a les relacions anteriors, i així comprendre millor els nostres ressentiments.
En qualsevol cas, no veure la gelosia com a un tot, però entenent les diferents manifestacions i expressions, pot ja aportar un principi de comprensió i pistes per treballar-la. El diàleg i l’intercanvi a la parella, així com l’acolliment de les pròpies emocions i les d’altres persones en la relació, són igualment aproximacions excel·lents per arribar a gestionar-la. Tant com desconstruir els esquemes presents a la nostra societat, sobretot a través dels medis i les produccions culturals, com les novel·les, els films, les obres de teatre et d’altres, que volen que l’amor i la gelosia vagin de la mà.
Per acabar, no oblidar que la gelosia pot ser utilitzada com un veritable instrument de control sobre l’altre (supervisar els seus fets i gestos, l’ús del seu temps, el seu telèfon, el seu ordinador …) i en aquest cas, es tracta d’una forma real de violència psicològica.
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[1] Utilitzo el terme « relació sexo-afectiva » de preferència als adjectius « sexuals » o « amorosos » o « amicals ». Considero que les relacions poden ser tot això alhora, o solament un dels components segons les persones o els moments.
[2] Manca de fidelitat, de respecte a un compromís. Larousse http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/
[3] Violació del deure de fidelitat entre els casats. Larousse http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/
[4] L’article 212 del Codi civil, recordat per l’oficial d’estat civil a l’hora de la celebració de cada cerimònia de casament, preveu expressament que « els esposos es deuen mútuament respecte, fidelitat, ajut i assistència ».
[5] El que és el meu cas, probablement perquè sóc neuroatípica.
[6] Em sembla evident que una bona comunicació amb las nostres relacions és indispensable i ha de ser la base de tota relació.